Histoire de la collection

Il est souhaitable d'ouvrir ce catalogue par un hommage à Clémence Neyret, pionnière des études de céramologie copte, qui établit le premier catalogue de cette collection en 1961 et œuvra, tout au long de sa carrière au sein de la section copte du département des Antiquités égyptiennes, à la reconnaissance de cette céramique. Ce présent catalogue en ligne en est l'aboutissement.


La plus grande partie de cette collection, environ 95%, est issue des fouilles archéologiques du 19e et du début du 20e siècles, entreprises par la Société de fouilles archéologiques, puis l'Institut français d'archéologie orientale du Caire. Une partie des objets exhumés fut, sur une base contractuelle avec l'État égyptien (le partage de fouilles), déposée au musée du Louvre.


Les premières fouilles furent entreprises sur le site d'Antinoé (1896-1910) par Albert Gayet ; si elles n'eurent pas le mérite de l'efficacité scientifique, au moins ont-elles celui de la quantité de vaisselle mise au jour : 413 récipients sont certifiés de provenance antinoïte, et 200 le sont probablement, attestés par des recoupements entre numéros ou mentions de fouilles et inventaires d'entrée du musée du Louvre.


Le site monastique de Baouît fut à son tour exploré en 1901-1905 et en 1913, par Jean Clédat, Jean Maspero, Émile Chassinat et Charles Palanque ; le chantier de Baouît fournit 11 pièces de céramique, répertoriées.


Le site d'Éléphantine, en Haute-Égypte, fouillé en 1906 sous la conduite de Clermont-Ganneau, augmenta la collection d'une dizaine de pièces, essentiellement de type sigillée.


Les fouilles d'Edfou, ancienne Apollinopolis Magna, conduites d'abord par Pierre Lacau, Paul Collomp et Louis Saint-Paul Girard en 1914, sous l'égide de l'IFAO, furent reprises sous la conduite de Henri Henne, entre 1920 et 1924, puis celle de Kazimierz Michalowski et Christiane Desroches-Noblecourt (représentant le musée du Louvre), entre 1937 et 1939. À cause de la première guerre mondiale, les premières fouilles ne furent jamais publiées.


D’Edfou, 44 pièces sont repérées et à peu près autant sont pressenties exhumées de ce même site (toujours en raison de numéros de fouilles ou de mentions de site sur les pièces elles-mêmes).


Des fouilles exemplaires furent dirigées par Fernand Bisson de la Roque à Médamoud, dont on ignore le nom antique, entre 1925 et 1930. Une centaine de vases, entiers et lacunaires, est marquée d'un numéro de fouilles, à laquelle il faut ajouter une cinquantaine de tessons de moindres dimensions.


Enfin Tôd (ancienne Taoud) fut le dernier chantier où purent s'exercer les partages de fouilles en 1934-1936, alors que G. Bénédite était conservateur du département des antiquités égyptiennes du musée du Louvre et en 1983, sous l'autorité de Christiane Desroches-Noblecourt. Pour Tôd, 23 pièces de céramique sont attestées.


Les fouilles de Raymond Weill à Zaouiyet el-Mayetin (Kôm el-Ahmar), en 1912-1913, sous l'égide de la Société des fouilles archéologiques, apportèrent au Louvre une trentaine de tessons significatifs sous forme de legs.


Environ 900 pièces ont ainsi une provenance certaine et une centaine une provenance fort probable, pour seulement 3 dons (E 29, E 10739 et E 14331) et une trentaine d'achats de pièces majeures, effectués en 1903 et en 1925 par Georges Bénédite auprès d'antiquaires égyptiens réputés tels Nahman, Khawam, Mohassebet, récemment en vente publique (E 32675).


La collection de céramique copte du musée du Louvre ne prétend pas être parfaitement exhaustive de la production de céramique copte. En effet elle recèle peu d'amphores, qui pourtant tiennent une place majeure dans la production des ateliers égyptiens ; aucun exemplaire de céramique en provenance du Delta, d'Alexandrie ou de la région pélusienne n’est entré dans cette collection. L'essentiel des pièces provient de la seule Haute-Égypte, des sites de Médamoud, Edfou, Antinoé, Baouît, Zaouiyet el-Mayetin. Les productions d'Éléphantine ne sont, en comparaison, qu'anecdotiques.