Datation

Dater une collection archéologique sortie de son contexte est une épreuve délicate. La seule façon de ne pas commettre d'erreurs trop grossières est d'utiliser la méthode de la comparaison avec le matériel semblable publié dans les rapports de fouilles, si possible récents. C'est la méthode utilisée ici. Encore faut-il garder à l'esprit que les sites ont pu être bouleversés par les crues du Nil pour certains, par les sebbakhim (chercheurs d'engrais) pour d'autres.

D'autre part, certaines caractéristiques de fabrication - la présence ou l'absence d'un pied, la présence ou l'absence de bouton ou de cupule d'enlèvement du tour au revers des vases, le carénage des flancs, le niveau de la pose des anses -, savoir-faire circonscrits dans une période, peuvent être des aides précieuses dans la détermination d'une fourchette chronologique.

Dans notre collection, seules quelques rares poteries peuvent être datées avec précision en s'appuyant sur les rapports de fouilles. C'est le cas pour une petite partie des pièces des fouilles de Médamoud, fouilles publiées par Ferdinand Bisson de la Roque, qui bénéficie d'une étude en stratigraphie très éclairante. Mais aucun autre rapport de fouilles antérieur à 1950 ne peut servir d'appui pour une datation certaine.

Depuis quelques années, des rapports scientifiques fiables apportent une solide contribution à la datation des objets de musées, même si les stratigraphies ne sont pas toujours franchement lisibles.

Les dernières fouilles de Tôd, effectuées par le musée du Louvre, offrent des études de qualité permettant la datation des céramiques. Les fouilles des Kellia conduites par la Mission suisse d'archéologie copte (MSAC) sont publiées régulièrement, ainsi que celles d'Hermopolis Magna (Ashmounein) conduites par le British Museum. La Société d'Exploration de l'Égypte (EES), organisme de recherche londonien, a publié récemment le matériel céramique des fouilles d'Amarna. Du côté des chantiers allemands, les publications sur le matériel des fouilles de Gourna et d'Éléphantine sont de précieuses références. Quant au site d'Antinoé, longtemps privé de publications, l'Institut papyrologique G. Vitelli de Florence vient d'initier un premier volume ; cependant si ces céramiques antinoïtes proviennent de quartiers bien identifiés du site, la stratigraphie n'en avait pas toujours été relevée précisément.